samedi 12 mars 2016

LE TABAGISME : UN MAL SOCIAL A COMBATTRE !



Selon l’OMS, le nombre de décès par an dû au tabagisme atteindrait 8 millions d’ici fin 2020 si rien n’est fait. Au Mali, également les effets de la consommation du tabac sont perceptibles à tous les niveaux surtout chez les jeunes. Alors qu’est-ce qui pousse les jeunes filles et garçons à fumer ? Quelles sont les conséquences de la consommation du tabac ? Pour en savoir davantage, éléments de réponse dans cette enquête …


Le tabagisme est une épidémie qui frappe de plus en plus les pays en voie de développement notamment le Mali. Il est à la base de plusieurs maladies avec un taux de mortalité très élevé. Le phénomène est beaucoup plus fréquent chez les jeunes. Et cela, pour diverses raisons.

Tout d’abord, pour certains c’est d’ordre psychologique, car pour beaucoup de jeunes d’aujourd’hui  « fumer, c’est être à la mode ». Il y a aussi l’accès facile au tabac aussi. On peut avoir le tabac avec n’importe qui et n’importe comment. 

D’aucuns pensent également qu’il peut y avoir un problème d’éducation, un problème d’influence familiale, c’est-à-dire les rapports des parents comme la mésentente de ces derniers ou le divorce qui peuvent jouer sur la mentalité des enfants et les poussent du coup à fumer. 

Pour d’autres, c’est à cause de la fraîcheur et c’est un moyen d’éviter les mauvaises humeurs. Certaines substances chimiques notamment la nicotine n’en demeure pas moins une des causes. Car elle joue le rôle de la drogue et pousse toujours un accros à vouloir consommer du tabac.  

En effet, la consommation du tabac a non seulement des conséquences néfastes sur la santé humaine mais aussi sur le plan socio-économique. Selon Yacouba TOLOBA, pneumologue au CHU Point-G, le tabagisme a des conséquences sur les voies respiratoires, sur les organes de reproduction, les poumons, le cœur, le cerveau… 

« Le tabagisme peut avoir également un impact sur d’autres pathologies notamment le cancer, la tuberculose. En un mot, des conséquences tout l’organisme humain à court à long terme. Il y a plusieurs types de tabacs : les tabacs à chiquer, à manger comme le cannabis. Mais dans la plupart du temps c’est le tabac à fumer chez les jeunes » constate M. TOLOBA. 

Des conséquences perceptibles à plusieurs niveaux : dans les villes comme dans les campagnes, chez les hommes aussi bien que chez les femmes et plus précisément la frange jeune de la population malienne. 

Or, l’accès au tabac est réglementé en République au Mali. A ce sujet, la loi malienne dispose en substance que « si vous n’avez pas 18 ans vous n’avez pas le droit de vendre ni d’acheter les cigarettes, les lieux publics sont aussi des endroits sans fumer ». Mais, malheureusement cette loi bien qu’existe n’est pas appliquée. 

Raison pour laquelle, les organisations de défense des consommateurs tirent la sonnette d’alarme. Pour Me Mahamane Cissé Avocat à la Cour : « les autorités doivent protéger les jeunes en renfonçant la taxation sur le tabac. Cela va décourager les jeunes à aller acheter des cigarettes. Et, renforcer la protection des lieux où il est interdit de fumer particulièrement les écoles ». « A cela s’ajoute, des actions d’information et de sensibiliser à grande échelle pour gagner le combat contre le tabagisme » dixit Me Cissé. 

La consommation du tabac par les jeunes est une préoccupation. Ainsi, il est temps et grand temps de prendre ce phénomène à bras le corps avant qu’il n’échappe à tout contrôle. Comme pour dire « Prévenir vaut mieux que guérir ».
 

CITOYENNETE : VERS LA QUETE D'UN MALIEN NOUVEAU



Le Ministère de l’Emploi, de la Formation Professionnelle, de la Jeunesse et de la Construction Citoyenne a procédé, le lundi dernier, au lancement des premières concertations régionales sur les causes de la crise de citoyenneté. C’était au gouvernorat de Bamako, sous la présidence du Ministre de l’Emploi, de la Formation Professionnelle, de la Jeunesse et de la Construction Citoyenne, Mahamane Baby.   

  

La culture de l’esprit citoyen demeure au cœur des préoccupations majeures des autorités politiques du Mali. C’est pourquoi, le Ministère de l’Emploi, de la Formation Professionnelle, de la Jeunesse et de la Construction Citoyenne a initié les « Concertations régionales du District de Bamako pour l’élaboration de la politique nationale de construction citoyenne et du programme nationale d’éducation citoyenne ». 

L’atelier de 2 jours, tenu les 23 et 24 février derniers au Gouvernorat du District, a pour objectif d’identifier les problèmes liés à la citoyenneté du point de vue culturel, social, éducatif et administratif, mais aussi de trouver des solutions ou des recommandations pour venir à bout de cette crise de la citoyenneté qui mine notre pays. Cette initiative vise également « à refonder un malien nouveau » dira la directrice régionale de la Jeunesse et des Sports du District de Bamako, Mme Kendé Mariam Tangara.

Pour Mahamane Baby, ces concertations doivent permettre aux participants de mener une réflexion poussée afin d’identifier les causes profondes du manque de civisme chez les citoyens maliens. M. Baby, a également indiqué que la crise de la citoyenneté est un problème qui mérite une attention particulière et un défi majeur à relever pour son département et ses services régionaux.  D’où, l’importance de la culture de l’esprit citoyen et des valeurs républicaines et patriotiques par la sensibilisation, l’information et l’éducation pour un véritable changement de mentalité et de comportement.  

Par ailleurs, ces concertations régionales ont regroupé environ 80 participants dans le District de Bamako et, vont se tenir sur toute l’étendue du territoire national avec 60 participants par région. Toutes les couches socio-culturelles ont pris part à ces concertations, notamment  les confessions religieuses, les familles fondatrices de Bamako, les services rattachés du département de tutelle, entre autres. 

mercredi 2 mars 2016

POLITIQUE : LE PARENA APPELLE A DES CONCERTATIONS NATIONALES




Le Parti pour la Renaissance Nationale (PARENA) a fait sa rentrée politique 2016, le samedi 20 février au Palais de la Culture « Amadou Hampâté BAH ». La cérémonie,  déroulée devant de personnalités politiques de l’opposition et de la société civile, a été marquée par des dénonciations et des interpellations à l’endroit des responsables du pouvoir actuel.


Comme chaque année, le Parti pour la Renaissance Nationale (PARENA) vient de renouer avec la tradition, en procédant à sa rentrée politique 2016. Un événement très important dans la vie de toute formation politique. Ainsi, pour réussir le pari de la mobilisation, les organisateurs n’ont ménagé pas leurs efforts. Les militants, les responsables du parti et les invités ont massivement répondu à l’appel du Parena.

Au cours de cette rentrée politique, les responsables du Parti du « Bélier Blanc » sont montés au créneau pour dénoncer ce qu’ils appellent « les scandales perpétrés par le régime en place ».
Le Secrétaire Général du Parena, Djiguiba Keïta n’est pas allé par quatre chemins pour attaquer le président de la République et son gouvernement. Il est revenu sur plusieurs dossiers notamment la surfacturation des équipements militaires, l’achat de l’avion présidentiel, les engrais frelatés, les 1000 tracteurs du Président offerts aux paysans pour ne citer que ceux-ci. 

Mme Tamboura Mah Keïta, présidente des femmes du parti, et Seydou Cissé, président des jeunes, ont respectivement évoqué les questions de l’emploi, du chômage, de la corruption, de la mauvaise gouvernance, de la justice, de l’éducation, de la santé, de la paix et de la réconciliation... 

Quant au président du PARENA, Tiébilé Dramé, il a indiqué que le pays est dans l’impasse. Car depuis bientôt 3 ans, le Président IBK n’arrive pas à trouver une stratégie de sortie de crise pour le pays. Le président du Parena a également déploré les récentes attaques perpétrées un peu partout dans le Nord du pays avec leur lot de violences et d’assassinats. 

Par ailleurs,  il a insisté sur le fait que la défense et la sécurité de la patrie est une affaire de tous. « C’est pourquoi, le gouvernement doit organiser des concertations nationales, comme prévue d’ailleurs par l’accord de paix et de réconciliation dans sa phase de mise en œuvre » a-t-il martelé. Tiébilé DRAME a aussi salué les efforts des autorités gouvernementales tout en les invitant à plus de responsabilités pour la bonne conduite des affaires de l’Etat. 

mardi 28 avril 2015

LA XÉNOPHOBIE EN AFRIQUE DU SUD : CAUSES, ENJEUX ET PERSPECTIVES ?

Réseau des Boursiers et AnciensBoursiers de la Fondation Konrad Adenauer (Rebafka), a passé au peigne fin, ce dimanche 26 avril, l’actualité brûlante qui prévaut au pays de Mandela. Un pays où la violence a atteint des proportions inquiétantes avec la montée de la xénophobie. Une xénophobie qui a déjà fait 7 morts et environ 5 000 déplacés.

Pour son énième « Thé du dimanche », le Réseau des Boursiers et AnciensBoursiers de la Fondation Konrad Adenauer (Rebafka), s’est penché sur le thème : Xénophobie en Afrique du Sud : 1 an après Mandela ! Cette rencontre mensuelle, est un espace d’échange et d’expression où les poulains de la Fondation Konrad Adenauer, se retrouvent pour réfléchir, débattre et discuter des questions d’actualité les concernant.

Ainsi, il s’agissait au cours cette rencontre de répondre à la question de savoir les facteurs qui ont engendré cette discrimination envers les étrangers. Mais aussi d’apprécier la réaction et les dispositions prises par l’Etat sud-africain pour faire face à cela, avant de proposer d’éventuelles pistes de solution.

D’entrée de jeu, les membres du Rebafka ont unanimement fustigé et condamné le comportement des Sud-Africains qu’ils expliquent par un manque d’identité, d’histoire, d’éducation. « Ils ne connaissent pas l’Afrique et son histoire qui lui a porté un grand soutien lors de l’Apartheid » ont-ils rappelé. Et d’ajouter que « les Sud -Africains ne se considèrent même pas comme des Africains, ils profitent de leur barbarie pour s’attaquer aux étrangers et piller leurs biens ».

D’aucuns pensent que les valeurs et les idéaux véhiculés par l’icône de l’Apartheid ont été trahis par ses compatriotes à qui il avait montré la « voie du pardon et de la démocratie ». Pour ces derniers, Nelson Mandela a laissé un héritage que les sud-africains n’ont pas su sauvegarder, d’où la montée de la xénophobie.

Pour d’autres, bien que Mandiba soit un exemple, il a atteint ses limites c’est pourquoi il est parti en démissionnant volontairement du pouvoir espérant que son prédécesseur pourrait mieux faire que lui. Pour ainsi dire que le germe de la xénophobie existait depuis l’époque de Mandela. « Il a fallu attendre son départ pour voir la situation dégénérée » affirment-ils. « Mandela est même acteur de ce qui se passe aujourd’hui » ont-ils martelé.

C’est ce qui fait dire à bon nombre des participants à cette rencontre mensuelle que cette discrimination est due à la mauvaise répartition des ressources économiques. D’où les inégalités sociales qui existent entre les populations sud-africaines notamment les blancs et les noirs et les zoulous et autres. Et de poursuivre : « les blancs détiennent 80% de l’économie sud-africaine et les zoulous sont réputés êtres des personnes qui n’aiment pas travailler. Du coup quand les étrangers qui aiment travailler sont dans des meilleures conditions de vie, les zoulous se sentent frustrés et s’adonnent à la violence ». «Alors que les étrangers contribuent considérablement à la croissance de l’économie Sud -Africaine et créent même des emplois » ont-ils indiqué.

Par ailleurs, les boursiers et anciens boursiers ont déploré l’attitude du gouvernement sud-africain qui selon eux, a failli à sa mission de sécurisation de ses populations (y compris les étrangers) et de leurs biens. Ils ont également dénoncé le silence et l’inertie de l’Union Africaine qui ne fait pas suffisamment d’efforts pour prévenir les confits, les violences encore moins de sanctionner la nation « Arc-en-ciel ». Cependant, les membres du Rebafka sont convaincus que les sanctions ne peuvent pas prospérer  car le pays a connu des sanctions plus lourdes au temps de l’Apartheid mais cela n’a pas impacté sur son économie.

Après trois heures d’intenses et houleux débats les protégés de la Fondation Konrad Adenauer ont proposé quelques pistes de solution pour prévenir et gérer les conflits, les violences et les discriminations notamment la xénophobie. Des conclusions parmi lesquelles on peut retenir :


-         Une redistribution  équitable des ressources pour réduire les inégalités sociales
-         Assurer la sécurité des étrangers et de leurs biens et formaliser l’immigration
-         Prise de conscience individuelle des Africains  pour lutter contre la xénophobie
-         Eviter les discours haineux et Changer de comportement
-         Enseigner l’histoire de l’Afrique et de l’Apartheid aux petits Sud-Africains
-         La nécessité des sociétés civiles fortes dans nos pays 
-  Aller vers l’unité Africaine et vers l’intégration des peuples…

La rencontre s’est terminée sur une note de satisfaction pour tous car les débats étaient riches et fructueux grâce à la présence massive et la participation des membres du Rebafka.